A lire la petite présentation de : Jean Giono, un désir montre au-delà de toutes les transgressions, Jacques-Marie Laffont éditions :
Reprenant et approfondissant encore son tête à texte avec l’œuvre de Giono, Christine BretonnierAndreani analyse tous les troubles, les interdits et les pulsions parfois «lucifériennes» qui sous-tendent la dite «seconde manière» de l’écrivain. Servi par une impressionnante culture philosophique, anthropologique et psychanalytique, le nouvel essai de notre amie explore les soubassements symboliques de l’inspiration gionienne. Les grandes figures féminines y ont le beau rôle, en particulier Ennemonde, «monstrueuse baleine blanche» (p. 96) à qui se trouvent consacrées des pages aussi originales qu’audacieuses. Christine Bretonnier-Andreani, Jean Giono. Un désir monstre au-delà de toutes les transgressions, Jacques-Marie Laffont Éditions, 2025, 28€.
Vidéo de la rencontre avec Christine Bretonnier-Andreani, l’auteure, et Didier Flamand, le comédien, autour de « Jean Giono – un désir monstre au-delà de toutes les transgressions », Jacques-Marie Laffont éditions, à la librairie l’Arche des Carmes d’Arles le 31 octobre 2025.
Jean Giono – Un désir monstre au-delà de toutes les transgressions :
Cet ouvrage est issu de ma deuxième thèse de doctorat sur GIONO sous la direction de Julia Kristeva. C’est devenu un livre grâce à Julia Kristeva et à mon éditeur Jacques-Marie Laffont ainsi qu’aux dirigeants du Groupe LDL, Guillaume Dumoulin et Gauthier Dupont, deux jeunes éditeurs très novateurs avec lesquels Jacques-Marie Laffont s’est associé.
En quoi mon essai est-il très différent de tout ce qui a été publié sur Jean Giono ?
De nombreux livres explorent le Giono romancier exceptionnel sur le registre de l’agro-pastoral, voire même le Giono « écologiste » avant l’heure. De très nombreux ouvrages parlent également du Giono « pacifiste », ce qui lui a causé bon nombre de désagréments de la part de ses pairs, de l’un de ses éditeurs, sans parler des hommes politiques de l’époque (période autour de la deuxième guerre mondiale).
Mon propos a été de donner une nouvelle lecture de l’auteur de Regain et du Hussard sur le toit. Je me suis donc concentrée sur le Giono deuxième manière (les romans écrits à partir de la deuxième guerre mondiale). Une lecture, en quelque sorte « lacanienne », sur les dérives et explorations du désir et des chemins de traverse qui sous-tendent l’œuvre de Giono. C’est cette lecture qui rend cet essai différent de tous les autres ouvrages sur Giono.
Jean Giono – Un désir monstre au-delà de toutes les transgressions, renouvelle radicalement l’approche critique sur l’auteur de Que ma joie demeure. Cet essai propose une lecture profondément novatrice de l’œuvre gionienne, loin des approches traditionnelles centrées sur son rapport à la nature ou son humanisme. Je révèle un Giono inédit, où le désir, la monstruosité et la transgression occupent une place centrale, structurant son imaginaire et son écriture. En mobilisant la psychanalyse (Freud, Lacan, Kristeva), la philosophie (Nietzsche, Kostas Axelos) et l’esthétique (Van Gogh, Frida Kahlo, Antonin Artaud), l’essai met en lumière la part d’ombre et de vertige qui traverse son œuvre. Depuis Un roi sans divertissement jusqu’à Ennemonde, en passant par Deux cavaliers de l’orage, ce voyage au sein des pulsions et des interdits révèle un Giono insoupçonné. À travers les figures de la mère archaïque, les mythes et les personnages dévorés par l’excès, j’interroge la tension entre pulsions et interdits dans un univers romanesque où « l’inquiétante étrangeté » fait loi. Une relecture audacieuse qui rompt avec les interprétations classiques et renouvelle en profondeur notre compréhension de Giono, dévoilant un écrivain aux prises avec une esthétique du trouble et de la métamorphose.
« Une lecture érudite et passionnante, portée par une réflexion profonde sur l’identité et la création littéraire » selon mon éditeur Jacques-Marie Laffont.
Essayiste, poétesse et professeure agrégée de lettres modernes, Christine Bretonnier-Andreani s’impose comme l’une des grandes spécialistes de Jean Giono. Titulaire de deux doctorats consacrés à l’écrivain, l’un dirigé par Henri Godard (Paris IV Sorbonne) et l’autre par Julia Kristeva (Paris Diderot – Paris 7), elle a construit une œuvre critique singulière à la croisée de plusieurs disciplines : psychanalyse, philosophie, anthropologie et esthétique.
Sa plume, à la fois rigoureuse et sensorielle, parvient à faire vibrer la langue critique au rythme du souffle poétique de Giono, dévoilant la profondeur d’un écrivain déchiré et incandescent, entre monstrueux, sacré et abîme. À la retraite depuis deux ans, elle poursuit ses explorations littéraires à travers de nouveaux projets artistiques, notamment des lectures musicales du roman Le Grand troupeau, qui ont donné naissance à des représentations et à un coffret CD publié sous le label ACEL.
Christine Bretonnier-Andreani
Son dernier essai, Jean Giono – Un désir monstre au-delà de toutes les transgressions, est issu de sa deuxième thèse de doctorat, menée sous la direction de Julia Kristeva. Cet ouvrage marque une rupture dans la critique gionienne en proposant une lecture novatrice, éloignée des visions traditionnelles d’un Giono « écologiste » ou « pacifiste ». Christine Bretonnier-Andreani se concentre sur le Giono de la « deuxième manière », celui qui, après la Seconde Guerre mondiale, explore les dérives du désir, les transgressions et l’univers de la monstruosité.
Mobilisant les apports de la psychanalyse (Freud, Lacan, Kristeva), de la philosophie (Nietzsche, Kostas Axelos) et de l’esthétique (Van Gogh, Frida Kahlo, Antonin Artaud), elle révèle un Giono insoupçonné, habité par l’« inquiétante étrangeté », où l’excès et la métamorphose redessinent les contours de la création. D’Un roi sans divertissement à Ennemonde, en passant par Deux cavaliers de l’orage, son analyse éclaire un imaginaire traversé par le vertige et les pulsions, offrant une approche critique audacieuse et profondément renouvelée.
Christine Bretonnier-Andreani et son éditeur Jacques-Marie Laffont /Crédit photo : Fred Bittoun
Son éditeur Jacques-Marie Laffont qualifie l’ouvrage de « lecture érudite et passionnante, portée par une réflexion profonde sur l’identité et la création littéraire ».
HORA Magazine tient à adresser ses plus vifs remerciements à M. Jacques-Marie Laffont, dont le soutien et la confiance ont rendu possible cette rencontre précieuse avec Christine Bretonnier-Andreani.
L’Article de Mme May / D : Chroniqueur(se) littéraire / Ma Librairie
Et s’il fallait oublier le Giono lyrique, panthéiste, proche de la nature, pour redécouvrir un écrivain hanté par le désir, le sacré et l’abîme ? C’est la proposition audacieuse de Christine Bretonnier-Andreani, ancienne enseignante dans le Pays de Meaux, dans Jean Giono- Un désir monstre au-delà de toutes les transgressions, un essai dense, rigoureux et incandescent. Fascinée par l’écrivain français, l’autrice dévoile dans son ouvrage la partie sombre des œuvres de Giono, notamment à son retour de la Première guerre mondiale « J’ai choisi de proposer une lecture, en quelque sorte lacanienne, sur les dérives et explorations du désir et des chemins de traverse qui sous-tendent l’œuvre de Giono », affirme l’autrice. Loin des représentations classiques de Giono comme « écrivain de la terre », son approche fait émerger un Giono du trouble, de la monstruosité, de la transgression.
Le Giono « deuxième manière » : au cœur des ténèbres
Christine Bretonnier-Andreani concentre son attention sur les œuvres de la maturité, ce qu’on appelle le « Giono deuxième manière », celui d’Un roi sans divertissement, Le Moulin de Pologne, Les Âmes fortes ou Ennemonde. « Ce sont ces romans qui m’ont toujours intéressée, écrit-elle, parce qu’ils explorent les passions humaines incarnées dans les personnages. » Ces figures, transfigurées par l’imaginaire de Giono, révèlent une tension constante entre pulsions et interdits. « Depuis Un roi sans divertissement jusqu’à Ennemonde, en passant par Deux cavaliers de l’orage, ce voyage au sein des pulsions et des interdits révèle un Giono insoupçonné. »
La mère archaïque, les monstres, la transgression
L’essai est structuré en trois grandes parties. D’abord, « La mère archaïque », où l’autrice analyse les figures féminines omniprésentes et puissantes. Elle cite Freud et Lacan pour éclairer cette quête du Féminin. Ensuite, dans « Les monstres dans l’imaginaire gionien », elle s’attarde sur la présence de l’hermaphrodite, de l’ogre, du monstre marin. Enfin, « Genèse d’une philosophie de la transgression » tisse des liens profonds entre Giono et d’autres figures de la création : Antonin Artaud, Vincent Van Gogh, Frida Kahlo.
Un essai transdisciplinaire
Ce qui rend cet essai si singulier, c’est la multiplicité des regards croisés. Bretonnier-Andreani mobilise la psychanalyse (Freud, Lacan, Kristeva), la philosophie (Nietzsche, Axelos), l’esthétique (Artaud, Van Gogh, Kahlo), pour construire une typologie du monstrueux. « Le monstre, chez Giono, n’est jamais totalement extérieur : il naît du clivage, du refus du refoulement. »
Un regard renouvelé sur un écrivain majeur
En s’éloignant des approches convenues sur le Giono humaniste et poète de la nature, Christine Bretonnier-Andreani offre un regard neuf, dérangeant, fascinant. Elle nous montre que chez Giono, le désir est monstre, que le langage est chair, que l’inconscient travaille chaque phrase.
Un livre salué pour sa richesse intellectuelle, sa force d’interprétation et la puissance de son écriture.
Article à retrouvé en ligne sur le site du journal La Marne :
Ce projet autour du grand troupeau de Jean Giono a consité à produire un coffret de 2 CD de lecture musicale offrant une expérience immersive et poétique aux auditeurs et au public. Il permet de souligner les émotions, les ambiances et les rythmes du texte, en créant une véritable symbiose entre la parole et la musique.
Christine Bretonnier-Andreani lit des extraits de l’œuvre. Les extraits sont empruntés aux différents chapitres du roman de façon à construire une logique narrative autour de la notion de guerre totale : guerre au front, celle des hommes et guerre à l’arrière, celle des femmes, des vieux et des enfants.
Le compositeur Christophe Alzetto accompagne musicalement le texte lu et conçu par Christine Bretonnier-Andreani.
Ce qu’en dit Christine Bretonnier-Andreani
En tant que spécialiste de Giono, Le grand troupeau m’apparaît comme une œuvre incontournable qui continue de résonner avec une force intacte. J’emploie le verbe résonner à dessein. Œuvre majeure de la littérature pacifiste, elle retentit comme un cri tonitruant contre la guerre et un appel à la fraternité des hommes. Publié en 1931, ce récit, profondément marqué par l’expérience de l’auteur sur les champs de bataille, est une ode à la vie, un réquisitoire contre l’absurdité de la guerre.
Giono nous conte l’histoire d’un village provençal ébranlé par le conflit. Tandis que les hommes partent au front, les femmes et les enfants luttent pour maintenir un semblant de vie normale. L’auteur alterne les scènes de la vie quotidienne à l’arrière avec celles, terribles, de la guerre au front. Le titre du roman est une métaphore puissante évoquant les hommes envoyés à la mort comme du bétail.
Giono fait preuve d’un réalisme poignant ; sans chercher à glorifier la guerre, il décrit, avec une crudité saisissante, la souffrance, la mort et l’absurdité des combats. Les descriptions des paysages dévastés et des corps mutilés nous plongent au cœur du conflit.
Ce roman suscite une réflexion sur la condition humaine. L’auteur interroge la notion de sacrifice, la valeur de la vie et l’importance des liens familiaux.
La langue de Giono est d’une grande richesse descriptive et sensorielle ; elle traduit avec une précision saisissante les odeurs, les couleurs, les sons du monde rural et ceux du champ de bataille.
Le grand troupeau est un livre à lire et à relire pour mieux comprendre les horreurs de la guerre et l’importance de la paix.
Le choix des extraits vise à mettre en évidence l’écriture contrapuntique propre à Giono en alternant les scènes au front et celles avec les femmes et les enfants à l’arrière.
Le titre Le grand troupeau de Jean Giono est une métaphore puissante qui traverse tout le roman. Il renvoie à plusieurs niveaux de signification :
Le troupeau de moutons, au début du roman, descend des montagnes, symbolisant la vie paisible et rurale qui est sur le point d’être bouleversée par la guerre.
Les habitants du village, notamment les hommes appelés au front, sont comparés à ce troupeau. Ils sont guidés, dirigés et leur destin semble tout tracé.
Les hommes envoyés à la mort. Le titre prend alors une connotation plus sombre. Les soldats sont dépersonnalisés, réduits à l’état de simples unités d’un grand tout, comme des moutons conduits à l’abattoir.
Cette image souligne l’absurdité de la guerre qui transforme les hommes en chair à canon, sans considération pour leur individualité.
Ce coffret est disponible en commande chez votre libraire
Christine Bretonnier-Andreani écrit : « Comment les lieux forgent-ils les cœurs, les passions et les caractères ?
Après Nietzsche qui inaugura la série (Nietzsche et la Corse, Thierry Ottaviani aux éditions Maïa), parler de Giono et la Corse tient du paradoxe car il est attesté que Giono n’a jamais mis le pied en Corse. »
Comme le déclare Jean-Guy Talamoni dans la préface de cet ouvrage :
« L’ouvrage a quelque chose d’une histoire de famille, y compris pour le rédacteur de ces lignes. […] Une histoire de famille, au singulier, donc. Mais également une histoire de familles. Celles des Valery et des Jason. Elles n’appartiennent pas au même monde puisque la première est réelle et la seconde de l’ordre de la fiction. De surcroît, une mer les sépare, des terres aussi. Et pourtant, Christine Bretonnier veut les rapprocher. N’écrit-elle pas “Les Valery ont expérimenté la vie des Jason. Leur sang est à jamais devenu encre, une encre verte, évidemment, comme si, subrepticement, cette belle pierre de Pietra di Verde avait mêlé ses pigments à leur sang.”? […]
Rapprocher la Corse de la Provence aurait été plus difficile s’il s’était agi de la Provence de Pagnol, celle de la côte, avec ses cigales bruyantes et son verbe haut servi par un accent chantant… Celle de Giono, c’est autre chose. Sa Provence à lui, celle de la montagne, peut être très sombre. Et même si les deux auteurs ont pu s’apprécier, et même travailler ensemble, il y a, entre leurs univers respectifs, toute la distance qui sépare la comédie de la tragédie. […]
À A Petra comme dans les Hautes-Collines de Provence, le tragique est toujours là, consubstantiel aux lieux – et aux hommes qui y vivent et en portent la marque. Le tragique sommeille ou se cache, prêt à ressurgir. Mais la croix de Carnaghju protège les hommes, y compris d’eux-mêmes. »
Christine Bretonnier-Andreani à coécrit ce livre avec un ami originaire de Pietra-Di-Verde en Corse, comme elle : Marc Giorgi
Marc Giorgi est né en 1950 à Pietra di Verde en Corse où il réside depuis sa retraite de l’Éducation Nationale en 2013. Passionné de généalogie, il consacre une grande partie de son temps libre à retracer l’histoire des familles pietrolaises et à évoquer la vie d’autrefois dans son village natal.
trouver le livre
Giono et la Corse, Jean Giono écrivain de la Corse malgré lui
de Christine Bretonnier & Marc Giorgi, ISBN: 978-2-37916-552-8, prix : 19,00€
Interview de Antoine Albertini pour Corse-matin le 4 septembre 2018
Article de Jacques Fusina dans la page Cultura de l’Informateur Corse Nouvelle
Article de Véronique Emmanuelli pour Corse-matin du 27 juillet 2021
Article de Paul-Mathieu Santucci pour Corse-matin du 5 août 2021 sur le spectacle de lecture musicale « Giono et la Corse » donné par Christine-Bretonnier-Andreani, Marc Giorgi et Damien Michel au village de Pietra-di-Verde
Vidéo de la lecture musicale de Giono et la Corse au village de Pietra-Di-Verde
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